Un nouveau parcours de descente permet de s’immerger par paliers dans l’ambiance souterraine.
La ligne de Pins souligne le nouveau visage de Padirac
Le jardin des explorateurs
Jardin pédagogique : la flore comme outil de compréhension
Le manège des sciences - voyage au centre de la terre
La promenade du Gouffre - vue sur la nouvelle entrée et sur le Jardin Martel revisité.
La place savante
L'accueil de la visite du Gouffre
LieuPadirac (46)
Date2016
Surface64000 m²
Coût global15,4 M€
MOA

Société d'Exploitations spéléologiques de Padirac

Équipe
  • Atelier Novembre - architectes mandataires
  • Emma Blanc paysagiste co-traitante
  • BET : Terell , Mazet et associés
Programme
  • Réaménagement des infrastructures touristiques du Gouffre
  • Mission complète
Catégories
  • Sites classés
  • Site naturel et grand paysage
  • Culture et equipements

Pour penser le site de Padirac il convient de comprendre l’événement singulier qu’est le gouffre dans la constitution global du Causse. Ce parcours dans les échelles laisse entrevoir un paysage plus complexe qu’il n’y parait. Dans une région aussi délimitée rien est uniforme.

Le Causse est un paysage de contraste lié à de nombreux facteurs :

  • la nature physique des sols : un ensemble de plates-formes calcaires d’érosion.
  • l’exposition : une lumière vive révélée par les ombres du relief.
  • l’intervention humaine : pâturage, culture, flux touristiques etc.
  • le climat : des colonies végétales méditerranéennes qui traduisent la chaleur et la sécheresse estivale.

Nous avons extrait des structures de ce paysage, fragments d’un ensemble dont le site de Padirac est aujourd’hui coupé. Notre approche vise à réouvrir le site à cette diversité, montrer que celui-ci prend ses racines en profondeur, dans un sous-sol minéral façonné par l’eau. Ce lexique des milieux identifiés nous permet de composer des espaces qui s’adaptent aux différents usages et aux éléments existants sur le site (Jardin Martel, ancien Zoo, parkings etc.)

Cette « reproduction » de la nature du Causse ne se fait pas de manière directe, ou artificielle, il s’agit d’un transfert : pour reproduire la nature à l’intérieur du site, il faut savoir redonner « vie » à l’existant tout en ouvrant l’ensemble sur les éléments du grand paysage.

Autour d’une nature à la géologie marquée, la logique de faille, d’arrête, de rupture de niveaux est transposée. Elle organise de nouveaux espaces de découverte, d’évasion et de rencontre : Jardin Martel revitalisé, espace pédagogique, front boisé, place savante, Manège des sciences, autant de motifs qui donnent lieu à des usages et des milieux spécifiques, en résonance avec l’histoire et la nature du site de Padirac.

Le projet paysager se fonde sur la notion de gradation. L’existant, tant dans ses qualités que ses défauts est analysé, enrichi, détourné. Le site s’organise selon un gradient ouest-est de naturalité et d’humidité, du plus domestique au plus sauvage, du plus sec au plus humide. Cette gradation se fait aussi bien sur le plan paysager et spatial, qu’écologique.

L’idée étant d’aller par paliers croissants ou décroissants en termes d’intensité d’un univers à l’autre. Du sol des origines au Jardin Martel, de la place Savante au Jardin des explorateurs, des parkings au Gouffre, de la surface au sous-sol, afin de créer un ensemble cohérent, le Parc du Grand Padirac.

Vers le Gouffre, mettre en valeur la descente

Une descente par le nouvel escalier permet de ménager des temps d’arrêt à différents paliers. Des points de vues privilégiés sur les parois, la flore, la faune et le circuit de l'eau enrichissent le parcours jusqu'à la découverte de la rivière souterraine.

Depuis le jardin existant

Jardin Martel

Tracé historique révélé et Dolines partagées

Contrastant avec les formations naturelles alentours, le jardin Martel est un élément à part, témoin du passé touristique du site. Le patrimoine arboré ainsi que les tracés sont des marqueurs mis en valeur.

De vastes clairières s’inspirant des Dolines s’inscrivent en douceur dans la symétrie des tracés. Elles accueillent des activités récréatives permanentes ou temporaires. De grandes étendues de graminées aux hauteurs et couleurs variées accompagnent le promeneur et guide le parcours. Des bosquets de fraîcheur ponctuent le jardin et permettent de se détendre à l’ombre.

La place savante : une promenade retrouvée

La place savante a été pensée comme une vaste surface libre et polyvalente pour toutes les postures, rencontres, activités, appropriations et déambulations. Un lieu de convivialité, de pédagogie, de flânerie à l’ombre des pins.

Jardin pédagogique : la flore comme outil de compréhension

Le Jardin pédagogique, en lien avec le centre d’interprétation se propose de faire découvrir aux groupes la diversité et la richesse des paysages du Causse au travers d’îlots végétalisés. Quelques exemples de thèmes et d’associations végétales possibles :

  • évolutions climatiques, le Causse et l’eau
  • le Causse comestible
  • Paysage du Limargue
  • les influences méridionales
  • les témoins du passé
  • Culture(s) humaines

Le sol des origines :

Le gouffre réouvert, révèle la roche mère et la flore typique du Causse. Un sentier praticable permet d’apprécier les abords du Gouffre avant ou après la visite. L’échelle des Cèdres répond à la profondeur du gouffre et crée un lien entre le sol des origines et les plantations du Jardin Martel.

Le nouvel escalier permet de donner du temps à la descente. Cette phase d’immersion incite le visiteur à appréhender la richesse floristique et les détails géologiques des parois. D’une végétation sèche en surface, les paliers invitent à comprendre l’ingéniosité du végétal qui s’inscrit dans les interstices, profitant de l’humidité et du peu de lumière pour se développer. Un retour au spectaculaire : le fond du gouffre libéré, permet à la flore de s’installer.

Le Manège des Sciences : vers un voyage au centre de la terre

Inscrit dans la pente, sous une futaie de chênes le manège est un élément fort de la visite. Son décor s’inspire de la poésie du gouffre avec « ses fleurs de marbre, des lotus de calcaire, des mousses pétrifiées, des anémones de stuc, des bustes d’albâtre » de la Faune endémique présente, ainsi que des histoires et légendes qui accompagnent l’histoire du lieu (St Martin et son âne etc.). Un univers ou grands et petits trouveront plaisirs à jouer et à apprendre.
Le Monde illustré, n°2194, 15 avril 1899

Parc des explorateurs et Campement nomade :

La nouvelle topographie est mise à contribution pour la gestion des eaux pluviales. L’eau est ainsi évacuée vers la parcelle de l’ancien zoo. Zone où les plantations, aujourd’hui illisibles, seront inscrites dans un ensemble pédagogique sur la faune et la flore, la gestion et infiltration de l’eau etc.. Un jeu de passerelles nous guide à travers une végétation dense, sans jamais toucher le sol. Un système de noues plantées permet de créer une limite physique avec le Jardin martel tout en ménageant des fenêtres visuelles de part et d’autre.

La typologie de la clairière est accentuée pour l’accueil du campement nomade. L’alternance de taillis et de clairières permet de jouer sur un double usage du site. Ainsi la taille des espaces ouverts permet de passer d’une ambiance intimiste propice au calme et à l’isolement à des espaces plus vastes pour des activités ou animations (contes, concerts etc.)