Vue de l'entrée depuis le cours des Humanités
Insertion urbaine du projet dans le contexte du campus
Vue du jardin des Humanités
Vue depuis la rue du Pilier
Schémas des grands principes paysager
Schémas de gestion des eaux, des circulations et des principes de plantation
Coupes transversale et longitudinale du projet
LieuAubervilliers
Date2030
Surface10 467 m²
Coût global55 000 000 €
Coût paysage1 500 000 €
MOA

Etablissement Public Campus Condorcet

Équipe
  • Encore Heureux Architectes [ Mandataire ]
  • Emma Blanc
  • Amoès
  • Quadriplus Groupe
  • Eco-construire
Programme

Concours de maîtrise d'œuvre pour la construction des locaux de l'EHESS et de la FMSH et l'aménagement des espaces extérieurs.

Mots-Clés
  • Campus universitaire
  • Lieu d'enseignement
  • Îlot de fraîcheur
  • Réemploi
  • Biodiversité
  • Jardin intérieur
Catégories
  • Culture et équipements
  • Jardins et cours
Vue de l'entrée depuis le cours des Humanités

1+1=3 ou comment faire plus grand en imbriquant

Comment le projet (de l'EHESS et de la FMSH) participe-t-il de la définition et de la qualité des futurs espaces publics ? Nous considérons que chaque projet doit participer ou donner quelque chose à la collectivité. C'est-à-dire que l'addition de deux projets côte à côte (1+1=2) ne nous suffit pas ! Notre volonté est celle d'une imbrication, permettant de transformer significativement les lieux pour fabriquer un 3ème espace commun (1+1=3).

Ici, en se soulevant très généreusement, l'architecture donne à voir le paysage du jardin des Humanités. Ce geste assumé permet d'associer l'espace public du cours des Humanités avec le jardin du même nom. Cette continuité de regard brouille les pistes de la limite entre public et lieu commun pour les assembler dans une grande perspective. Et ce faisant, elle permet à chacun de ces espaces de s'agrandir. Alors que leurs destinations sont pourtant différentes, cette perspective fabrique un troisième ensemble plus grand donné à la vue, à la lumière, au végétal et aux usager.es.

Vue du jardin des Humanités

Convoquer les imaginaires pour guider l'esprit et guider les pas

Les campus universitaires sont des lieux emblématiques de l'enseignement supérieur, dont l'histoire est étroitement liée à l'évolution des situations éducatives à travers les siècles. Leur origine comme lieu de formation religieuse remonterait à l'époque médiévale, et les établissements d'alors étaient souvent concentrés de cathédrales ou de monastères (ex. Paris, Bologne, Oxford). Plus tard, le concept de "campus" au sens d'espace dédié à l'enseignement et à la recherche s'est alors développé et laïcisé. Le mot campus lui-même, un dérivé de champ a été rapidement assimilé aux lieux d'apprentissage, mais aussi comme des espaces pour l'épanouissement personnel et la vie communautaire.

Le campus est devenu un centre de vie sociale et intellectuelle, reflétant l'épanouissement culturel et académique des étudiants, parfois le théâtre de revendications étudiantes ou de luttes pour les droits civiques, façonnant l'image moderne du campus comme un lieu d'engagement et de contestation politique. Ainsi, nous convoquons ici le modèle de la Harvard Yard : un grand espace ouvert de libre circulation planté de magnifiques arbres, sous lesquels de grandes pelouses expriment tous types d'usages et d'expressions. Bien que d'échelle très différente, il a inspiré le projet de paysage de l'EHESS, pour toutes ses qualités de vie et d'ambiances.

Vue depuis la rue du Pilier

Un bosquet et une pelouse arborée, les jardins de pleine terre

Le jardin des Humanités, au-delà de sa connexion visuelle avec l'espace public de cours, fait lien entre les entrées et l'ensemble des points d'accès en RDC. Il relie et connecte tous les programmes communs comme la cafétéria, le restaurant et l'espace de vie étudiante... Il est planté d'arbres et ménage une clairière centrale dans un bosquet dense et frais d'arbres de haut jet. C'est un jardin d'expression où foisonne une végétation luxuriante composée majoritairement d'arbres et de vivaces pour laisser passer le regard. Ce jardin de fraîcheur minimise les surfaces imperméabilisées pour atténuer les effets de canicule, et offre des espaces de travail ou de pauses extérieurs. Trois terrasses en bois sont créées et reliées aux 3 programmes communs : cafétéria, restaurant et espace de vie étudiante.

Sur son flanc sud, le jardin est connecté visuellement à la grande pelouse arborée en lien avec la rue Fantani Touré et la rue du Pilier, depuis lesquelles des accès secondaires sont créés. Ce grand espace capable permet d'accueillir tous types d'usages. Il n'est volontairement pas surdéterminé pour permettre un maximum d'appropriation par tous et toutes et permettre (selon une gestion différenciée) à une certaine biodiversité urbaine d'exister. Il se compose de massifs et groupes d'arbres accompagnés d'arbustes et de vivaces qui subdivisent l'espace ouvert en espaces intermédiaires de différentes tailles.